Chanson métapop des Byrds sortie en single le 9 janvier 1967.
So you want to be a rock and roll star? Then listen now to what I say Just get an electric guitar Then take some time and learn how to play
Un regard sarcastique, mais assez bon enfant, sur l'ambition et le succès des jeunes groupes de rock. Les paroles se moquent des formations comme les Monkees, manufacturées et assemblées avant même que leurs membres ne sachent réellement jouer de leurs instruments.
And with your hair swung right And your pants too tight, it's gonna be all right Then it's time to go downtown Where the agent man won't let you down
Le single aviaire est probablement un des plus vieils exemples de pop anti-pop, témoin d'une certaine inquiétude face au devenir du rock en une usine à tubes et stars.
Sell your soul to the company Who are waiting there to sell plastic ware And in a week or two if you make the charts
The girls'll tear you apart
Dans Dialectique de la pop (2018), Agnès Gayraud affirme que cet arrière-goût amer tient à l'heureuse et vicieuse convergence entre un art qui place toute sa confiance dans l'incarnation et l’intérêt d'une industrie qui vend à tour de bras de la « personnalité ». Et ces commodités comptent finalement davantage que la musique dont elles ne sont plus que le prétexte.
L'esthétique pop vise certes la popularité qui rend ses représentants célèbres, mais cette célébrité trahit quelque chose de l’incarnation pop : elle rend substantiel ce qui dans le génie démocratique tenait à des intermittences. (...) A la fin, l'originalité n'en est plus que l'accessoire reconnaissable et dispensable d'une personnalité.
Roger McGuinn précisa finalement quelques années plus tard :
In fact, it isn't as bitter as that. We were thumbing through a teen magazine and looking at all the unfamiliar faces and we couldn't help thinking: "Wow, what's happening … all of a sudden here is everyone and his brother and his sister-in-law and his mother and even his pet bullfrog singing rock 'n' roll." So we wrote "So You Want to Be a Rock 'n' Roll Star" to the audience of potential rock stars, those who were going to be, or who wanted to be, and those who actually did go on to realize their goals.
A noter que Michael Nesmith des Monkees avait écrit (avant le casting) une chanson de rupture, où l'un des partenaires choisit la liberté et l'indépendance, et qui peut être lue sous un angle métapop. Voici la version tubesque par The Stone Poneys (september 1967).
Les sixties sont largement considérées comme l'âge d'or de la musique contestataire. Il s'agit indéniablement une période d'intense activisme, autour de diverses causes allant des droits civiques aux mouvements anti-guerre.
Bien que les communautés hippies épousaient le modèle du socialisme
utopique du siècle précédent, la politisation n'était pas une de leurs
priorités. Les consciences politiques se développèrent en réaction à l'actualité et cela s'intensifia suite à la répression violente de manifestations et émeutes. Les musiciens
emboitèrent le pas.
La contestation musicale trouvait sa source dans les protest songs du folk des années 40, avec Woody Guthrie et Pete Seeger. La pratique fut déblayée et popularisée par les figures engagées du revival folk pour qui la chanson est un symbole de résistance artistique.
Les paroles reflétaient surtout le fossé des générations, les
incertitudes de l'époque et une méfiance croissante envers l'autorité
dans une société devenant de plus en plus polarisée.
A côté des marches, des sit-ins et des slogans idéalistes, certains prirent des positions politiques plus radicales, pointant directement le capitalisme, la lutte des classes, l'aliénation et la répression. Appelant même à l'insurrection voire à la révolution.
Dans les limites de l'exercice pop, évidemment.
Le début des années 70 sonna le glas de la contestation en chanson, amorçant une lente anesthésie politique. Jusqu'au militantisme alternatif du punk et du postpunk.
Évoquons la bassiste la plus influente de la pop et du rock.
Issu du jazz, Carol Kaye est devenue au plus fort de ses années de travail en session, membre d’une écurie légendaire de musiciens de studio basée à Los Angeles, surnommée a posteriori le Wrecking Crew. Jouant sur une bonne dizaine de milliers d'enregistrements sur plus de six décennies, cette virtuose versatile fut l'ambassadrice de la basse électrique, qu'elle adopta à partir de 1963, de la pop à la soul, de la Motown à Hollywood.
Voici quelques une de ses participations collant à la thématique du blog.
Brian Wilson : "The best damn bass player in the world."
Paul McCartney : "Pet Sounds was my inspiration for making Sgt. Pepper. I was really blown away with how clever it was and how intriguing the arrangements were. There’s a very interesting bass, it’s always nearly an off beat."
Sting : "Carol taught me more about the bass than is decent."
Peter Hook : "There was this woman bassist in the Motown house band called Carol Kaye. In this song, you hear her over the beginning, fantastic, a very musical bassline. I spent years trying to emulate it, but I was never that good at it."
"Remember to practice a little every day -- that's crucial."