Note qui proteste en chansons.
Les sixties sont largement considérées comme l'âge d'or de la musique contestataire. Il s'agit indéniablement une période d'intense activisme, autour de diverses causes allant des droits civiques aux mouvements anti-guerre.
Bien que les communautés hippies épousaient le modèle du socialisme
utopique du siècle précédent, la politisation n'était pas une de leurs
priorités. Les consciences politiques se développèrent en réaction à l'actualité et s'intensifia suite à la répression violente de manifestations et émeutes. Les musiciens
emboitèrent le pas.
La contestation musicale trouvait sa source dans les protest songs du folk des années 40, avec Woody Guthrie et Pete Seeger. La pratique fut déblayée et popularisée par les figures engagées du revival folk pour qui la chanson est un symbole de résistance artistique.
Les paroles reflétaient surtout le fossé des générations, les incertitudes de l'époque et une méfiance croissante envers l'autorité dans une société devenant de plus en plus polarisée.
Voir la note sur chansons en opposition à la Guerre du Vietnam.
A côté des marches, des sit-ins et des slogans idéalistes, certains prirent des positions politiques plus radicales, pointant directement le capitalisme, la lutte des classes, l'aliénation et la répression. Appelant même à l'insurrection voire à la révolution.
Dans les limites de l'exercice pop, évidemment.
Le début des années 70 sonna le glas de la contestation en chanson, amorçant une lente anesthésie politique. Jusqu'au militantisme alternatif du punk et du postpunk.
Julien Demets, Rock & politique: l'impossible cohabitation (2011)
Guillaume Ruffat, Révolution musicale: 1967-1969, de Penny Lane à Altamont (2015)
David Rassent, Rock psychédélique (2017)







