Une grande partie de la meilleure psychédélie britannique fut enregistrée par des groupes qui n’ont jamais réussi à sortir un album.
01/01/2026
Simples UK
25/12/2025
Frohe Weihnachten
Petit cadeau de Noël.
Voici Les Goths, groupe normand actif de 1965 à 1969. Après deux 45 tours, ils enregistrèrent dans la foulée leur unique album, Rêve de silence, mais celui-ci ne sortit jamais...
... jusqu'à ce que l'acétate oublié refasse surface en 2011 via le label allemand Shadoks Music :
Évidement, nous sommes assez loin de la subculture sombre, ses corbeaux et ses sons réverbérés.
15/12/2025
Perfumed Garden
Note sur les débuts de John Peel et son rôle dans la contre-culture britannique.
De retour d'une expérience radiophonique en Californie, avec les groupes locaux et le Summer of Love, John Ravencroft revint au pays en pleines Swinging Sixties. Il embarqua en mars 1967 sur le navire pirate de Radio London et devint « John Peel » et son émission nocturne « The Perfumed Garden ».
Focus sur les groupes de l'underground. Diffusion d'albums en entier. Lecture de poésie et de la presse radicale. Discussion de sujets politiques. Complicité avec les auditeurs.
Rattrapée par la justice, Radio London fut coupée le 14 août 1967. Ci-dessous la dernière du Perfumed Garden :
Rapidement après avoir rejoint a toute nouvelle station musicale de la BBC, Radio 1, des sessions furent organisées pour faire découvrir les nouveaux artistes. Voici quelque-unes enregistrées et diffusées sur les premiers mois :
Année après année, Peel a ouvert les portes de Radio 1 à des artistes atypiques, sous-financés et confidentiels. Défenseur du temps présent et des nouvelles tendances musicales, il promut la quasi-totalité de l'alternatif pendant plus de trois décennies. De la psychedelia à la drum'n'bass, prog, reggae, folk, blues, afrobeat, krautrock, new wave, postpunk, indie, postrock, etc. Peel ne mettait pas de barrière entre les genres, attendant de même de ses auditeurs.
De 1967 à 2004, plus de 4000 Peel Sessions avec plus de 2000 artistes : plus de grande musique populaire produite que n'importe quelle maison de disques !
Pour terminer, branchez-vous sur Dandelion Radio, the internet radio station inspired by John Peel. Independant. Original. Uncompromising.
Sources / pour aller plus loin:
BBC Radio 1, Keep It Peel
David Cavanagh, How John Peel created our musical world (2015)
09/12/2025
Livres d'enfance
Après avoir évoqué les aventures d'Alice, continuons sur la littérature enfantine comme sources d'inspiration du psychédélisme.
La spécificité britannique semble résider dans la persistance des mélodies et dans la redécouverte de tout un folklore typique imprégné de l'univers de l'enfance où les nursery rhymes côtoie le non-sens poétique.
Il est fort probablement que le double single Strawberry Fields Forever / Penny Lane (13 février 1967), où les deux faces abordaient le même thème de la nostalgie et de la fantaisie, aida à lancer le culte de l'enfance chez les musiciens de l'underground.
Dans Syndrome Alice (hors-série n°31 de Rock&Folk, 2015), Eric Delsart présente une pop qui s'est réinventée autour de thématiques enfantines (mais pas puériles), bien plus passionnantes et riches que la plupart des interprétations mystiques du LSD à base de méditation transcendantale et de mantras (sic).
Quasi-inventeur de la psychédélia comme retour à l'enfance/innocence, Syd Barrett utilisa, dans ses chansons, l'imagerie de Lewis Caroll, C.S. Lewis, Beatrix Potter et J.R.R. Tolkien.
Citant explicitement The Wind in the Willows de Kenneth Grahame (1908) pour le titre du premier album de Pink Floyd.
Autres exemples,
The Jungle Book de Rudyard Kipling (1894) :
Peter and Wendy de J.M. Barrie (1911) :
Quant aux contes, le recueil le plus influent fut évidemment Kinder- und Hausmärchen de Jacob & Wilhelm Grimm (1812-1858).
De l'autre côté de l’Atlantique, les sonorités sont plus bluesy et country, et moins lysergiques.
The Wonderful Wizard of Oz de L. Frank Baum (1900)
Ou les œuvres du Dr. Seuss.
Sources / pour aller plus loin :
David Rassent, Rock psychédélique (2017)
Mise à jour 18/12/2025
07/12/2025
Art Nouveau Revival, 2
Retour sur l'influence de l'Art Nouveau sur l'esthétisme psychédélique.
Évidemment l’influence de l'Art Nouveau ne s'est pas exercée que dans un seul genre musical.
Et à l'instar des posters, la production de pochettes liées au psychédélisme ne s'est pas arrêtée à un seul courant picturale. Comme ici avec du Gustave Doré et William Blake :
Sources / pour aller plus loin :
Art Nouveau Revival 1900 • 1933 • 1966 • 1974 (2009)
- Thierry Taittinger, confession d'un enfant du (demi) siècle
- Philippe Thiébaut, lignes sous influences
- Philippe Thieyre, les pochettes de disques
Philippe Thieyre, Psychedelic vinyls (2010)
Rachel Cabitt, Psychedelic Nouveau (2021)
01/04/2024
Je n'aime pas le classique, mais ça j'aime bien
Évocation rapide des influences de la musique classique dans le psychédélique.
A partir de 1966, il y a eu évidemment la « baroque pop » avec ses chansons arrangées avec soin, incorporant des styles de composition classiques (mélodies contrapuntiques et harmonies fonctionnels) et ses instruments (clavecin, hautbois, cor, cordes).
Des grecs :
Avec tout de même quelques américains :
L'exploitation de cet héritage culturel ouvrit la porte du psychédélisme vers le progressif.
En effet, outre son effet sur le son la révolution psychédélique a promu l'idée que le rock pouvait être une discipline sérieuse. (...) Le prog magnifiât cette tendance, chez les groupes et leurs fans. (...) Au mieux, cela produisait une musique excitante qui n’avait pas peur de défier son public, tant sur le plan intellectuel que dans ses compositions ; au pire, un climat de snobisme et de supériorité où la pop à singles était méprisée, reproduisant l'attitude dont le rock avait été victime quelques années auparavant.
Si les groupes psyché avaient cherché à offrir une expérience immersive, à l'aide de projections et de drogues, faire tripper ou élargir les consciences, le prog croyait au pouvoir du spectacle, voulait capter l'attention et impresssioner.
Avec les emportements du prog, son culte de la virtuosité, les « boring old fats » dénoncés par les punks, il en résulta une disparition quasi totale du sentiment d'une spécificité de la culture jeune, ou d'une tradition qui traversait le rock et incluait ses formes populaires les plus commerciales.
Note : le titre de la note est une allusion à la compilation éponyme sorti en 2008 chez Sony Classical.














